Je m'apprête donc à le quitter, sans regret. Il aura été l'ultime épisode de la douloureuse transhumance, commencée au mois d'août  2012 quand j'ai abandonné notre chère Villa Blanche.
    Le "clapier" : nom donné  avec une ironie amère à ce gîte provisoire dont un des rares mérites fut d'être disponible quand approchait le moment de donner les clefs de la maison. C'était le clapier ou... le camping.  
    J'ai donc trouvé cet appartement à louer au troisième étage d'un immeuble sans grâce datant des années 60 et situé au sommet de la Dune Pontac, éminence qui culmine à quelques dizaines de mètres au dessus du boulevard de la Plage, à proximité du port. Cette situation confère à la "Résidence Clara" son principal mérite : on y jouit d'une vue exceptionnelle sur le Bassin, ce qui ne va pas sans quelques inconvénients dont une exposition Nord et aux vents dominants qui, lors des tempêtes hivernales, y font hululer les courants d'air par les nombreuses fissures des murs et des fenêtres : nuits romantiques garanties.
     Cette situation fut le fruit d'un engagement trop hâtif pour un projet séduisant, certes, mais qui s'avéra bientôt très aléatoire quant à ses délais de réalisation. J'avais encore perdu de vue certaines réalités, dont... mon âge ! J'ai donc renoncé à ce château en Espagne pour revenir à quelque chose de plus accessible immédiatement et me mettre en quête d'un logement. Il fut trouvé assez facilement dans un immeuble neuf du nouveau centre-ville d'Arcachon. Moins original évidemment mais confortable et bien équipé. J'ai trouvé un emplacement à louer en sous sol pour la voiture et le marché couvert se trouve de l'autre côté de la rue. La perspective n'est pas exaltante mais j'y attendrai au sec l'heure de tirer ma révérence.
    C'est donc à nouveau aux affres et aux joies du déménagement que je me prépare avec l'aide de ma précieuse "nounou" et de son époux toujours très disponible pour rendre service. Bien entendu c'est le professionnel local qui se chargera du plus gros. Nouvelle occasion de trier et d'éliminer l'accessoire et le superflu, comme d'effacer un peu ce qui subsiste encore de nos traces si légères.
    Je vous laisse ce soir sur cette note mélancolique mais non sans le rituel : "à bientôt sur nos lignes!".
    Captain Clo.

PS : Que Sophie se rassure : je reviendrai sur la vie mouvementée de Tonton, particulièrement sur son torpillage à proximité des côtes Lybiennes. Le champion de natation qu'il avait été en conserva une profonde aversion de l'eau !